Comment ça fonctionne ?

Ce guide valorise les vins issus de raisin bio auprès d’un large public, du vigneron au consommateur. La liste des vignerons est interactive avec votre mobile ou votre ordinateur. Ce site n'est pas un site de vente de vin. Il a pour but de vous mettre en relation directe et sans intermédiaire avec les vignerons bio.

C'est quoi un vin bio ?

L’argumentation est souvent peu aisée pour distinguer le vin « bio » du conventionnel. En effet, beaucoup de consommateurs estiment qu’un vin est par dé finition un produit naturel élaboré à base de jus de raisin fermenté. De plus, le manque d’information sur l’étiquette renforce cette idée ! Seules apparaissent des informations d’ordre réglementaire et administrative comme les mentions géographiques (Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), vin de Pays, vin de table) et les autres mentions obligatoires (indication de la teneur en alcool, nom ou raison sociale, adresse de l’embouteilleur, Pays d’origine pour l’exportation, volume contenu dans la bouteille, numéro d’identification du lot). Toutes indications sur les additifs entrant dans la fabrication du produit ni, exceptés les sulfites, y sont absentes. C’est pourquoi, pour bien différencier les vins « bio » il est important de repartir de la culture du raisin (qui est soumis à la réglementation bio) et ensuite de comparer les différentes méthodes de vinification qui ne sont pas encore réglementées par la réglementation CEE.

Portrait : Alain Moueix

Dans la famille Moueix, installée aux portes de Saint-Emilion depuis les années 30, Alain pourrait représenter le créatif épris d’harmonie et d’authenticité.
Inspiré par la vie énergétique de la vigne, converti à ses secrets millénaires, il exploite les 17,6 hectares du château Fonroque en biodynamie.
Une approche écologique et qualitative, pour réconcilier l’homme et la nature !

Tous les matins en m’apprêtant à travailler sur Fonroque, je remercie mes arrière-grands-parents, Corréziens d’origine modeste qui ne connaissaient pas le vin et ont fait preuve d’un grand esprit d’entreprise ! ” confie Alain Moueix, le regard éclairé par un morceau de ciel bleu.
Devant la façade Directoire d’une maison pleine de charme et de souvenirs, ce n’est pas seulement son appartenance à cette lignée audacieuse qui satisfait le quadragénaire souriant et disert mais aussi le choix radical qu’il a fait : celui d’une viticulture dictée par les principes de la biodynamie, en phase avec ses propres convictions intérieures.
En biodynamie, tout est en interaction avec tout. C’est la nature qui nous gouverne, il faut d’abord beaucoup l’observer pour la comprendre.
Pour autant, la démarche d’Alain Moueix ne se réduit pas à celle d’un contemplatif !
La biodynamie – définie par l’anthroposophe Rudolf Steiner au cours des années 20 – semble comparable à un art, une discipline qui nécessite à la fois talent, intuition, technique, travail, inspiration, générosité, humilité et rigueur…
L’œuvre est alors produite par la terre elle-même, elle devient l’artiste au service de qui l’homme met tous les moyens que réclame sa création.

Un viticulteur en quête d’idéal…

La biodynamie implique une prise de conscience totalement respectueuse des cycles et rythmes de la vigne. En symbiose avec le cosmos, elle détermine les interventions humaines en fonction de la position des constellations, en lien avec les quatre éléments chers à la pensée d’Aristote, terre, eau, air et feu. Elle engage une recherche d’équilibre, d’harmonie et de pureté du vin.
Cette approche philosophique – ésotérique diront certains –, Alain Moueix l’a nourrie de son goût pour l’ouverture et le questionnement.
Après ses études à l’Ecole d’ingénieurs agricoles et d’œnologie de Toulouse, le jeune homme s’exile avec Catherine son épouse en Nouvelle-Zélande, un pays qui le fait rêver aujourd’hui encore.
Fort de cette expérience haut de gamme, il revient à ses racines à partir de 92, à la direction du Château Mazeyres à Pomerol, où il incarne le cru tout en exerçant l’indispensable rôle de gestionnaire.
En homme actif, réactif et créatif, d’autres projets l’accaparent jusqu’au début des années 2000 : exploitation du château Saint-André Corbin à Saint-Georges Saint-Emilion, achat d’une propriété de 40 ha en Afrique du Sud, prestations en tant que consultant, implication dans le milieu du vin dont il aime toujours faire la promotion (président de l’Association des Grands Crus Classés de Saint-Emilion, vice-président du Cercle Rive Droite, vice-premier Jurade de Saint-Emilion) sans se réclamer du sérail…
Partagé entre le consensus et l’impatience, Alain Moueix se recentre autour de la biodynamie, à laquelle l’a initié le consultant Jacques Mell basé en Champagne.
Une dégustation à l’aveugle sur deux millésimes du domaine Leflaive en Bourgogne, passé à la biodynamie au début des années 90, finit de le convaincre.
Autant qu’une méthode inspirée par “ La métamorphose des plantes ” de Goethe, elle lui offre une posture à la fois pragmatique et sensitive et un regard neuf sur la nature…

Une devise :
“ Plus on donne, plus on reçoit ”


A partir de 2001, le château Fonroque devient sa terre promise : sols régénérés par des préparations thérapeutiques naturelles (dont les fameuses bouse de corne et silice de corne), pointillisme et travail énergétique pour chaque parcelle…
La nouvelle vitalité du domaine renforce celle de son propriétaire, heureux de produire un vin “ fait pour le plaisir, donc pour l’harmonie ” qui exprime totalement son terroir, mais enchanté aussi de s’accorder d’autres prédilections.
De son propre aveu, l’une de ses occupations préférées consiste à regarder des tableaux : la peinture des expressionnistes abstraits, les toiles de Rothko, les noirs de Soulages, les œuvres de la calligraphe Fabienne Verdier lui apportent “ la part du rêve, l’alliance entre le fruit du travail et le sentiment spirituel ”.
L’art entre en résonance avec sa recherche personnelle, il s’est abonné à l’Opéra de Bordeaux, fréquente Baudelaire, Brahms et Puccini, admire Gandhi, et transmet ses valeurs à chacun de ses trois adolescents sans les influencer vers le monde du vin.
L’homme de nature et de culture développe l’esprit de famille avec bonheur et conviction : le viticulteur produit en biodynamie le grand cru classé du château Moulin Du Cadet appartenant à sa sœur, sur 5 ha tout proches de Fonroque.
Les pieds sur terre, la tête levée vers les étoiles, le cœur battant à l’unisson des saisons, Alain Moueix détient entre ses mains le secret de vins à la verticalité exemplaire, qui gardent fraîcheur et équilibre.
Une véritable potion magique, issue de la terre et du ciel…